Les personnes trans ne sont pas des cobayes

Ce jeudi 23 avril, nous avons organisé une action dans un colloque étudiant de pharmacie en réaction à un projet scolaire sur les personnes trans.

Dans un cours intitulé « Services à la communauté », une équipe avait produit un guide de ressources pour les personnes trans immigrantes. Malheureusement, le projet avait été mené sans participation des commnauté trans. Résultat : Les informations de contact et les descriptions des organismes étaient datées ou fausses et contenait des informations personnelles, certains organismes étaient omis et d’autres n’avaient pas leur place, les définitions étaient mauvaises et pathologisantes et l’introduction.

Il ne s’agit que d’un cas parmi tant d’autres. Il est symptomatique de l’état de la recherche sur les personnes trans et du regard porté par les milieux académiques. Trop souvent, des projets de recherche sont menés sans impliquer les personnes trans ou des organismes qualifiés à aucune étape du processus. Cela témoigne d’une attitude de supériorité par rapport aux personnes trans exprimant leurs besoins est dangereuse tant pour les communautés trans que pour la qualité de la recherche universitaire.

Par cet événement, nous voulions entamer un dialogue avec l’Université sur plusieurs enjeux :
– le fait qu’on envoie souvent des étudiant-e-s mal préparé-e-s pour mener des entrevues avec des personnes marginalisés;
– l’importance exclusive portée à la reconnaissance académique et à la diffusion dans orientée vers les milieux de recherches, sans se soucier des problèmes que les recherches causent dans les populations étudiées ni du partage de connaissance avec elles, malgré leur participation directe à la recherche;
– le peu de ressources accordées aux enjeux trans à l’Université de Montréal, qui fait reposer la tâche de contrôler l’impact des travaux et des recherches des étudiant-e-s et professeur-e-s de l’UdeM sur le travail non rémunéré de membres bénévoles du Groupe d’action trans.

Notre petit contingent, aidé de membres de la Réclame venus de l’UQAM, a forcé un dialogue avec le professeur responsable et avec le vice-doyen de la faculté de pharmacie. On nous a ensuite permis de tenir un kiosque pour nous aider à diffuser notre message.

Nous espérons qu’il passera et qu’à force de le répéter et de le diffuser, nous mettrons fin à des années de recherches menées sans référence aux besoins et aux expériences réelles des personnes trans.

Voir aussi notre page sur les recherches et travaux.

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Nous avions des tracts, aussi!

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Le GATUM à l’Assemblée nationale! Deux premières journées de la consultation parlementaire sur le changement de mention de sexe

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Le 15 et le 16 avril, la commission des institutions s’est penché sur le projet de règlement sur les changements de mention de sexe. Le Groupe d’action trans y était, mercredi dernier, grâce à la présence de Caroline Trottier-Gascon auprès de Julie-Maude Beauchesne. Cliquez ici pour regarder l’audience. Les autres présentations sont accessibles en ligne sur le site de l’Assemblée nationale.

Des avancées importantes ont eu déjà eu lieu. La suite le 7 mai, avec la dernière journée de consultations!

Utilisez #71noustue pour commenter et pour suivre les développements.

Personnes trans et austérité dans un contexte de grève

**ENGLISH BELOW**

Les personnes trans sont durement touchées par les politiques d’austérité et par les mesures mises en place par le gouvernement libéral actuel. Comme on l’entend souvent, l’austérité touche surtout les plus vulnérables — et les personnes trans sont lourdement marginalisées au Québec. Pourtant, nos enjeux sont souvent oubliés dans le débat actuel sur l’austérité entourant la grève étudiante du Printemps 2015.

De plus, les personnes trans sont aussi très mal représentées dans les milieux militants cis. Nos enjeux sount souvent oubliés et nos voix, enterrées. Les personnes trans sont victimes de cissexisme institutionnel dans les associations étudiantes comme ailleurs, et les espaces militants ne sont pas exempts de transphobie, au contraire (notament certains espaces féministes). Cette exclusion nuit autant à la participation des personnes trans au mouvement contre l’austérité et contre les inégalités qu’il empêche ce mouvement de bénéficier d’une perspective trans sur les problèmes actuels.

Afin d’engager un dialogue sur l’inclussion des enjeux trans dans les luttes contre l’austérité et dans le mouvement étudiant, le 31 mars dernier, nous avions organisé un atelier sur les personnes trans et l’austérité dans un contexte de grève à l’Université de Montréal. L’expérience était enrichissante et agréable. Nous aimerions beaucoup continuer ce dialogue.

Si vous voulez organiser un atelier d’information et d’éducation sur les enjeux trans, ça peut s’organiser 🙂 Contactez-nous au trans.umontreal@gmail.com.


Trans people are hit hard by austerity measures and by the present Liberal government’s policies — as we often hear, austerity targets the most vulnerable first, and trans people are amongst the most marginalized groups in Quebec today. Nonetheless, our issues are often forgotten in the current debate surrounding the Spring 2015 student strike.

In addition, trans people are very badly represented in cis activism.  Our issues are ignored, our voices, silenced. Trans people experience institutional cissexism in student associations as they do everywhere, and militant spaces are not exempt from transphobia. This exclusion is harmful both to trans people wishing to participate in movements against austerity and inequalities and to the movement itself, which is denied a beneficial input from trans communities.

In order to start a conversation on the inclusion of trans issues in the struggles against austerity within the student movement, we held a workshop on trans people and austerity in the context of a student strike last March 31 at the University of Montreal. The experience was pleasant and instructive. We would very much like to continue this conversation.

If you would like to organize such a workshop on trans issue, it can be done 🙂 Reach out to us at trans.umontreal@gmail.com.

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Marche pour les droits des personnes trans à Montréal, 10 août 2014. Crédit photo : Pierre Ouimet

Changement de mention de sexe : Commission parlementaire sous peu!

La commission parlementaire sur les critères de mention de sexe qui analysera le projet de règlement publié en décembre dernier a été convoquée! 18 organismes, incluant 10 membres du Comité trans du Conseil québécois LGBT  dont le GATUM fait partie, seront écoutés par la commission les 15 et 16 avril et le 7 mai.

Le Groupe d’action trans sera représenté par Caroline Trottier-Gascon, notre porte-parole, qui fera partie de la délégation d’Alterhéros avec Julie-Maude Beauchesne. L’audience aura lieu ce mercredi 15 avril à 18 h et sera ensuite disponible en ligne.

Rappelons que le Groupe d’action trans s’oppose aux critères proposés par le ministère de la Justice et que nous avions envoyé plus de 70 lettres signées par des étudiant-e-s de l’Université pendant la période des commentaires.

Si vous voulez émettre des commentaires quant au projet de règlement, vous pouvez toujours le faire sur le site de l’Assemblée nationale.

Voici notre mémoire soumis à la commission : Mémoire du Groupe d’action trans : Pour la pleine reconnaissance des identités trans

Aux organisations alliées : Mettez fin au travail non rémunéré des personnes trans!

Le Groupe d’action trans est entièrement bénévole. Pourtant, nous travaillons beaucoup, et pas seulement pour nos propres missions.

Fréquemment, le Groupe d’action trans est contacté par d’autres regroupements ou d’autres organisations pour répondre à leurs besoins divers — aider à l’élaboration d’une recherche, participer à des activités de sensibilisation, aviser des instances politiques ou gouvernementales, etc. Cela s’ajoute à tout le travail qui découle de nos propres initiatives.

Ce problème n’est pas isolé. Nos organismes communautaires sont lourdement sous-financés et surchargés. Là encore, la plus grande partie du travail dépend de bénévoles. Même hors du milieu communautaire, les personnes trans sont souvent forcées à prendre des positions d’éducation dans leur entourage. En ce moment, la tâche de rendre le monde plus inclusif pour les personnes trans repose entièrement sur nous. Pourtant, nous avons déjà beaucoup à faire pour survivre dans une société transphobe.

Par conséquent, nous invitons les organisations qui cherchent à développer une expertise sur les réalités trans à créer des postes rémunérés à l’attention des personnes trans ou à leur offrir des contrats plutôt que de dépendre de la bonne volonté et du travail bénévole de nos militant-e-s.