L’ATQ n’est plus dans notre liste de ressources

Nous aimerions vous informer que l’Aide aux trans du Québec (ATQ) ne fait plus partie de notre liste de ressources sur les personnes trans et sera retirée de notre dépliant lorsque nous le réimprimerons.

La cause immédiate de cette décision est un événement survenu cette semaine, où une personne trans a été exclue du groupe du mardi à Montréal parce qu’elle ne voulait pas dire si elle avait un suivi psychologique. Par après, des dirigeant-e-s de l’organisme ont utilisé des insultes transphobes pour décrire des personnes trans dont illes ne reconnaissaient pas le parcours. L’ATQ avait déjà un historique de ne pas bien inclure les personnes trans dont l’expérience n’entre pas dans un cadre transmédicaliste très mince et pathologisant.

Lorsque le Groupe d’action trans réfère des gens à des organismes, il est responsable en partie des conséquences. Si nous savons qu’un endroit peut être dangereux, nous avons le devoir de ne pas inviter des gens à y aller. Par conséquent, nous ne nous sentons pas à l’aise de rediriger des personnes trans vers l’ATQ.

Également, nous en profitons pour nous dissocier des prises de paroles de l’ATQ au nom des communautés trans. Malheureusement, bien qu’elle représente très mal les personnes trans, l’ATQ dispose d’une forte voix médiatique et politique. Par exemple, alors que le reste des communautés trans était dans le noir et que nous organisions une manifestation à Québec demandant la mise en application du projet de loi 35, la présidente de l’ATQ, seule, a eu la chance de rencontrer la ministre de la Justice en personne à propos du futur projet de règlement, et elle avait approuvé ce projet de règlement à l’époque — le même projet de règlement que nous dénonçons depuis. Il ne s’agit que d’une exemple parmi tant d’autres qui montre la distance entre l’ATQ et le reste des communautés trans.

Nous sommes toujours très heureux-ses que des personnes trans soient écoutées sur les enjeux trans. Cependant, nous voulons aussi que l’on écoute une diversité de voix, comme celle que l’on voit, par exemple, au Comité trans du Conseil québécois LGBT. En ce moment, l’ATQ ne dispose pas d’une expertise ou d’une représentativité qui justifie sa place prépondérante.

Nous demandons aux organismes alliés de ne rien faire sur nous sans nous. Malheureusement, la volonté de l’ATQ de s’isoler du reste des communautés trans et son incapacité à reconnaître toutes les expériences trans signifient que faire quelque chose avec l’ATQ, c’est faire quelque chose sans nous. Nous invitons donc les journalistes, les organismes communautaires, les politiciens et les membres de la communauté universitaire de l’UdeM à prendre acte de la variété d’organismes trans qui existent et qui sont toujours sur notre liste de ressources.

Tant que nous n’aurons pas confiance que des changements majeurs auront eu lieu, incluant des changements à la direction de l’organisme, le Groupe d’action trans ne veut pas prendre le risque que des personnes trans vivent des expériences violentes dans un organisme que nous aurions recommandé, et nous ne voulons pas que l’ATQ soit la voix de la communauté trans.

– Caroline Trottier-Gascon, porte-parole du Groupe d’action trans de l’UdeM

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12 thoughts on “L’ATQ n’est plus dans notre liste de ressources

  1. Mélyssa Legault 14 mai 2015 / 10 h 19 min

    Je fréquente l’ATQ depuis 4 ans et je suis surprise qu’un tel évènement s’y est produit. Vu que je ne suis pas au courant des détails, je m’abtient de réflexion et je demeure neutre.

    À propos de la loi 35, c’est moi qui a rédigé le mémoire d’opposition en mon nom personnel. À cause de mes études, je n’avais pas le temps de monter à Québec pour me présenter et discuter devant les ministres. J’ai laissé ma place à la Présidente de l’ATQ pour qu’elle puisse représenter mon mémoire et l’ATQ en même temps. Mon mémoire a représenté ma présence.

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    • transumontreal 14 mai 2015 / 11 h 53 min

      C’était avant la période des commentaires. Avant que le projet de règlement soit même publié.

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    • Gabrielle Bouchard 14 mai 2015 / 13 h 54 min

      Mélyssa, le commentaire du groupe d’action trans n’est pas concernant ton mémoire. C’est concernant la position officielle de l’ATQ en décembre passé

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    • Nixie (@agnosticnixie) 17 mai 2015 / 21 h 13 min

      J’ai fréquenté l’ATQ, brièvement, en 2007, et je ne suis aucunement surprise. La fondatrice aime se donner des airs de grand-mère envers les jeunes trans, mais dès qu’on n’accepte plus ses vues rétrogrades, c’est le rejet et l’ostracisme. J’ai vu une modératrice de leur groupe de discussion lancer des insultes transphobes (tel que she****) envers certaines femmes trans, et je n’y ai plus jamais mis les pieds. J’ai vu les médecins faisant du consentement informé qualifiés de pusher.

      J’ai vu tous les arguments bidons des transmédicalistes et j’en ai aussi vu la réalité pendant dix ans. Prétendez tans que vous le voulez, mais vous mentez autant à vous mêmes qu’aux autres personnes trans.

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  2. Mélyssa Legault 14 mai 2015 / 11 h 02 min

    Je voudrais préciser que lorsque j’offre de l’aide à une personne transidentitaire, ou lorsque je continu mes études et mes recherches sur la transidentité, soit en mon nom, ou en représentant mon club étudiant ou un organisme, je ne fais pas de discrimination ou autre envers une personne qui a besoin d’aide quelconque dans sa transition. Et cela, peu importe son cheminement personnel, psychologique, physique et/ou médical.

    C’est pour cela que j’utilise le terme «transidentitaire», pour inclure tout les gens qui ont une diversité de genre.

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  3. Elsa Robichaud 14 mai 2015 / 13 h 27 min

    What…. Exclure l’atq, j’en fait partie depuis 1 ans approximative et votre rejet et vos propos sont d’une immaturité déconcertante, simplement parce que vous toruvez que l’ATQ est plus en avance que vous en l’accusant de s’isolé…. Vous preuve que vous accusiez l’Atq sont flou et pas clair Je n’ai pas toute compris votre chamaillerie infentile.. mais c’est triste se que vous faite…

    L’ATQ fait un bel et meilleur allié que vous, car vous je ne vous connais pas dans la ville de Québec ….

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    • transumontreal 14 mai 2015 / 13 h 34 min

      Le Groupe d’action trans n’a pas de présence à Québec pour la raison très simple que nous sommes basés à l’Université de Montréal. Notre public cible est donc, plus ou moins par définition, basé à Montréal ou dans les environs, car nos membres sont des étudiant-e-s ou des membres du personnel de l’UdeM.

      Le travail effectué à Québec par l’ATQ est louable, je l’admets. Cependant, en quoi cela touche-t-il les critiques que j’ai apportées ici?

      Au passage, le GGUL, à l’Université Laval, semble montrer une bonne volonté d’intégration des personnes trans, et nous sommes en contact avec eux.

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    • Gabrielle Bouchard 14 mai 2015 / 13 h 52 min

      elsa, je comprends pas ton commentaire. Je ne crois pas que le groupe d’action trans a mentionné que leur position était a cause que l’atq était plus en avance. J’aimerrais bien t’entendre sur ce que le groupe a présenté comme raison.

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  4. Rick 15 mai 2015 / 10 h 20 min

    Je trouve dommage qu’un organisme se sente obligé d’en salir un autre, divisant ainsi la communauté qui a pourtant grand besoin d’être unie. Nous ne pouvons PAS nous permettre d’être divisés. Les gens sont assez intelligents pour se faire une idée eux-même de l’organisme qui leur convient le mieux. Les problèmes de communication, les erreurs, les mésententes personelles sont normales. Il est ridicule de s’attendre à ce qu’il n’y ait jamais d’accrochage au sein d’un groupe. Je trouve les motifs forts douteux. Les gens commettent des erreurs et à moins de se considérer parfaits, les gens de l’UdeM ne sont pas à l’abri d’en faire eux aussi. Devra-t’on les banir et démolir tous leurs efforts au moindre désaccord? Les problèmes avec un employé ou bénévole en particulier, ça se règle en privé, à l’interne, pas en faisant campagne publique contre tout son organisme. N’aurait-il pas été plus intelligent de voir comment les organismes peuvent se réunir et en venir à des règles communes, offrant ainsi des ressources de qualité là où il en manque cruellement? Oui cela demande des efforts et est moins facile que de poster de grandes tirades sur les erreurs des autres, mais au moins c’est un signe d’évolution. Ici je ne vois aucune évolution, qu’une tentative de régression. Il y a des gens en ce moment qui sont et ont toujours été très bien servis par l’ATQ. Vous créez le désarroi parmi eux, vous attaquez les efforts de tous ceux qui travaillent à en faire une belle ressource et qui n’ont jamais rien fait de mal. À mes yeux vous n’êtes donc pas plus intelligents que l’ATQ. Personellement je vous le dis, si je dois référer qui que ce soit à une ressource je leur déconseillerai fortement l’UdeM car c’est une organisation selon moi qui ne réfléchi pas au bien de tous et qui chercher à régler ses problèmes de la mauvaise façon. J’aurais bien trop peur d’être jugé à la moindre erreur ou banni si j’en étais membre. Si vous êtes capables de bannir toute une ressource pour les erreurs de quelques-uns, vous l’êtes sûrement pour une personne seule qui ne serait pas d’accord avec vous. En plus, je sais que vous tenter de diviser la communauté, je ne peux pas approuver cela.

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    • transumontreal 17 mai 2015 / 9 h 35 min

      Merci de votre commentaire.

      En tant que porte-parole, je n’ai aucunement l’impression d’attaquer un autre organisme. Ce que je fais, de mon point de vue, c’est protéger mes membres d’un espace qui s’avère dangereux et peu accueillant pour les personnes trans, car elles risquent d’être victimes des mêmes discriminations contre lesquelles nous luttons par ailleurs. Si nous dénonçons le Directeur de l’état civil quand il refuse de reconnaître les identités trans sans preuve médicale, pourquoi ne dénoncerions-nous pas l’ATQ lorsqu’elle fait la même chose? Nous le faisons en public dans l’espoir que l’ATQ réagisse et s’améliore, et profite de cette occasion pour apporter des changements positifs.

      Je n’ai pas non plus l’impression de diviser la communauté, car elle l’est déjà. Ceci est une réaction à l’attitude de l’ATQ que je constate depuis que j’y suis active. La communauté est déjà divisée. Nous l’avons vu, à l’UdeM, quand un groupe LGBT du campus a voulu organiser un événement sur les enjeux trans et que l’ATQ n’a pas songé, par exemple, à mentioner que l’UdeM dispose déjà d’un groupe trans qui organise des événements du genre. Je le vois, au comité trans du CQ-LGBT, où l’ATQ ne vient que sporadiquement, même quand on l’est interpellée nommément. Et je l’ai vu, le 15 avril dernier, en commission parlementaire, lorsque nous avons appris que la présidente de l’ATQ avait été consultée sur la réglementation, mais n’en a parlé à personne.

      La communauté est divisée. Ceci n’est qu’un constat.

      – Caroline Trottier-Gascon

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  5. Micheline Montreuil 18 septembre 2015 / 12 h 49 min

    Bonjour,

    Dans tout ce que je lis, je retrouve des commentaires et des remarques positives et négatives sur les différentes organisations qui travaillent pour aider les personnes trans à trouver leur place. Étant moi-même transgenre et une des plus connues, je trouve regrettable certaines positions qui mettent plus l’accent sur les organisations que sur les personnes trans.

    J’ai souvent mené mes luttes en solitaire afin de ne jamais être à la remorque des décisions ou des positions stratégiques de certaines organisations. J’ai contribué à ma manière à la progression des droits des personnes trans, tant devant les tribunaux que devant les commissions parlementaires, et je souhaite que chacun d’entre vous y travaille de la même manière. Les divisions internes nuisent à la reconnaissance de l’égalité des droits pour les personnes trans.

    Il ne faut pas oublier un point très important : chaque personne trans a une idée différente de ce qui est bon pour elle et cela engendre un très grand nombre de situations différentes et chacune de ces situations est parfaitement admissible pour la personne qui a choisi cette idée. Aussi, je ne critiquerai jamais une personne qui a choisi un chemin différent du mien. Je peux essayer de la comprendre. Je peux être en accord ou en désaccord, mais en fin de compte, c’est son chemin et non pas le mien.

    Le mercredi 13 mai 2015, j’ai déposé un mémoire de 38 pages devant la Commission des institutions de l’Assemblée nationale du Québec concernant le projet de règlement relatif au
    Règlement sur le changement de nom et d’autres qualités de l’état civil pour les personnes transsexuelles ou transgenres. J’en ai également profité pour lire les autres mémoires qui avaient déjà été déposés et j’ai pris connaissance des différentes positions qui y avaient été exprimées. Je suis convaincue que certaines personnes auraient intérêt à lire mon mémoire et si vous en désirez une copie, il me fera plaisir de vous en faire parvenir une copie par courriel.

    Merci d’avoir pris le temps de lire ce commentaire.

    Micheline Montreuil

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    • transumontreal 18 septembre 2015 / 16 h 31 min

      Merci pour votre commentaire.

      Notre appel envers l’ATQ n’est pas un appel à la division, mais cherche au contraire à rallier l’ATQ à l’alliance d’organisations trans qui a obtenu la fin des stérilisations obligatoires pour les personnes trans. Nous voulons que l’ATQ s’améliore et arrête de reproduire les discriminations qu’elle devrait dénoncer.

      Cordialement,

      Caroline Trottier-Gascon

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